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vendredi 13 novembre 2009 - cferme -

TANDJA DIT NIET : - A la CEDEAO - A l'Union Européenne
   Coïncidence ou non, la publication des résultats définitifs des élections législatives boycottées par l’opposition est intervenue au moment où une délégation de la Coordination des forces pour la démocratie et la Répu-blique (CFDR) était à Abuja, pour sa rencontre avec le médiateur désigné par la Cedeao dans la crise politique au Niger. L’ancien chef de l’Etat du Nigeria, le général à la retraite Abdul Salami Abubakar, a prévu de rencontrer séparément la mouvance présidentielle et la CFDR.

Le 9 novembre dernier, une délégation pro-gouvernementale dirigée par l’ex Premier ministre et président du MNSD Nassara, Seini Oumarou, a présenté au médiateur son mémorandum. La délégation de la mouvance présidentielle ne comporte aucun ministre. Il n y avait que des chefs de partis politiques, des chefs traditionnels, des acteurs de la société civile affiliée au pouvoir, des artistes. Ils étaient une vingtaine à faire le déplace-ment de Abuja, le lundi 9 novembre dernier en aller-retour. On enregistre des noms comme ceux de Seini Oumarou, président du MNSD Nassara, Cheiffou Amadou, président du RSD Gaskiya, Hamid Algabid, président du RDP Jama’a, Nouhou Arzika, porte parole officieux de Tandja. Ce sont ceux là qui représentent le peuple, et c’est en son nom qu’ils sont partis rencontrer Abubakar.

Des partis non affiliés ont décliné diplomatiquement l’offre de se rendre au round d’Abuja sous la bannière de la mouvance présidentielle, refusant ainsi de servir de faire valoir aux extrémistes. Alors que la crise politique actuelle mérite circonspection.

(Suite de la page 1). Visiblement, du côté de la mouvance présidentielle, le discours dominant est celui que tiennent les extrémistes. Comme pour se faire pardonner le fait qu’il ne se soit pas « mouillé » (le perchoir de l’Assemblée attend), qu’il n’ait été refondateur bon teint lorsqu’il s’était agi de concevoir le projet de renversement de l’ordre constitutionnel, Seini Oumarou était apparu comme le porte-parole de l’aile radicale de la mouvance présidentielle.

A la réunion tenue le samedi 7 novembre, en prélude au round d’Abuja, Seini Oumarou avait tracé les orientations sous un angle manichéen : les centristes n’ont pas leurs places avec eux. Un d’entre eux soupçonné de ne pas être totalement dans la « refondation » a failli être vidé de la salle de réunion. La ligne de défense de la mouvance présidentielle, c’est qu’il n'y a pas de négociations à faire parce que la refondation (référendum, élections législatives) c’est la volonté du peuple. On ne négocie pas avec le peuple.

Il impose sa souveraineté et sa volonté. C’est cela qu’ils étaient partis expliquer au médiateur désigné par la Cedeao. Le référendum, c’est fini, a dit le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement.

Il n y a pas de discussions sur la remise en cause de la 6è République, a martelé pour sa part Nouhou Arzika. Au total, il n'y a pas de négociations possibles aux yeux des refondateurs, à moins que les militants anti Tazartché ne capitulent et rejoignent pieds joints la mouvance présidentielle.

Pourtant le noeud de la crise actuelle, c’est le renversement de la Constitution de la 5è République, la dissolution des institutions de la République comme l’Assemblée nationale, la Cour constitutionnelle, la démolition du Conseil supérieur de la communication, reformé suivant le goût et la volonté du prince.

C’est pourquoi, la délégation de la CFDR, reçue ce jeudi 12 novembre à Abuja par le médiateur de la Cedeao, est partie réaffirmer cette exigence démocratique. Elle avait à sa tête Mahamadou Issoufou, Mahamane Ousmane, Hama Amadou et bien d’acteurs de la société civile. Elle est partie rappeler que le 22 décembre 2009, un nouveau président de la République démocratiquement élu devrait être connu.

On ne change pas les règles du jeu en plein match, disait un intellectuel burkinabé. Le principe de l’existence légale de la 5è République et de ses institutions sera réaffirmé. C’est cela qui constituera la base du dialogue pour sortir le pays du creux de la vague.

Des épées de Damoclès sont suspendues sur le pays au cas où aucune solution politique n’est trouvée dans l’immédiat. Aux menaces de sanctions de la Cedeao s’ajoutent celles de l’Union européenne.

D’ores et déjà, d’autres coopérations bilatérales sont sur le point de suspendre leurs programmes au Niger, notamment ceux portant sur la gouvernance. Tout cela parce que quelques individus cherchent à préserver leurs intérêts pri-vés, en usant des propos vagues et fourre-tout du genre « respect de la volonté du peuple ». Le peuple, ce n’est pas quelques individus.

Une rencontre entre la mouvance présidentielle et la CFDR se tiendra bientôt en territoire nigérien. Le médiateur fera alors part de ses propositions de sortie de crise et déclinera une feuille de route au cas où les deux parties parviennent à un modus vivendi.

Ce qui est peu vraisemblable avec tous ces propos va-t’en-guerre qu’on entend du côté des refondateurs.

Et la convocation par décret présidentiel signé le mercredi 11 novembre de la première session de l'Assemblée nationale le samedi prochain en vue de l'installation des nouveaux députés.

Oumarou Keïta

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