| vendredi 13 novembre 2009 |
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SÉMINAIRE DU LASDEL SUR LES MÉCANISMES DE L’AIDE Le regard des utilisateurs Nigériens !
« A cheval donné, on ne regarde pas les dents » : les mécanismes de l’aide vus par les acteurs nigé-riens. C’est le titre de l’étude réalisée par Philippe Lavigne Delville et Aghali Abdelkader, tous deux chercheurs au Laboratoire d’études et recherches sur les dynamiques sociales et le développe-ment local (LASDEL), et présentée le mardi 10 novembre dernier. Cette présentation s’inscrit dans le cadre des séminaires de sciences sociales du LASDEL.
Chercheurs, partenaires techniques et financiers, responsables d’ONG nationales et internationales, acteurs de la société civile, élus, cadres de l’administration, responsables de médias, ont pris part à l’activité. Après le mot du facilitateur, Abdoua El Hadj Dagobi, chercheur au LASDEL, la parole était revenue aux auteurs de l’étude qui relèvent d’emblée la floraison des analyses publiées jusque là sur l’aide. Des analyses qui, pour l’essentiel, proviennent de chercheurs spécialisés de disciplines telles l’économie, la socio-anthropologie, la sociologie politique…Ces experts viennent le plus souvent du Nord, lorsque leurs expertises ne sont pas commanditées par des institutions de développement du Nord. Rarement, pour ne pas dire jamais, le point de vue des praticiens de terrain, en particulier les acteurs, n’apparaît dans les problématiques des auteurs. Pourtant, c’est un truisme que de dire que les acteurs nationaux du système d’aide sont en première ligne dans les processus de définition, de négociation et de mise en œuvre de l’aide. «Ils en ont une connaissance empirique fine, fondée sur une longue expérience, souvent avec différents bailleurs de fonds, dans différents contextes institutionnels. Ils sont au cœur du débat entre l’aide et les Etats, rapports qu’ils observent au quotidien. Mais ils formalisent rarement leur expérience et leur analyse, parce que leur position institutionnelle ne leur en laisse guère la possibilité (que ce soit en tant que cadre de l’Etat ou consultant dépendant des marchés), parce qu’ils n’en ont guère l’opportunité.
Les nombreuses évaluations auxquelles ils participent sont plus ou moins pré-formatées et rarement ouvertes à l’analyse distanciée », soulignent-ils. Les analyses, pour ainsi dire, négligent ou tendent à négliger les acteurs nationaux, pour des raisons diverses. L’étude en objet opère donc une sorte de révolution copernicienne, en partant du postulat inverse. Elle place les acteurs nigériens au centre même du système de l'aide, « ceux qui, à une position institutionnelle ou une autre, sont impliqués dans la conception, la négocia-tion, la mise en œuvre ou l’évaluation de l’aide internationale et des projets de développement. Elle cherche à mettre en évidence leur perception et leur vécu de l’aide, à mobiliser leurs analyses et leurs capacités réflexives, à laisser la place aux différences et aux divergences d’analyses ». C’est pourquoi, l’étude a été bâtie sur la base d’entretiens approfondis avec un échantillon diversifié d’acteurs et de quelques observateurs, aux fins de faire ressortir la façon dont ils vivent et perçoivent l’aide, ses mécanismes, ses impacts sur l’Etat aussi bien que sur la société nigérienne. Il n’est pas question ici des bénéficiaires finaux, à savoir les paysans, les populations urbaines, mais de ceux qui sont en interface directe avec le système d’aide international. L’objectif étant d’analyser la façon dont ces acteurs perçoivent l’aide, tant dans sa finalité que dans ses modalités de mise en œuvre, et ses impacts sur les grandes questions du développement économique et social : la lutte contre la pauvreté, la construction de l’Etat et le renforcement des capaci-tés. Les points de vue et analyses aussi divers que variés sont, par la suite, recoupés et mis en perspective, en rapport avec les débats plus généraux sur l’aide. Au total, une quarantaine de personnes ont été interrogées : responsables de politique sectorielle, de direction technique, d’institutions ou d’organisations (directeur d’hôpital, coordinateur de cellule thématique autonome, etc,), membres de bureau d’études ou opérateurs, responsables d’organisations de la société civile (ONG, réseaux d’organisations de la société civile, etc,), cadres nigériens des agences d’aide, consultants, élus locaux ou nationaux, responsables de médias, chercheurs, assistants techniques, consultants du Nord… Les thématiques ont porté sur les logiques pour les acteurs du Nord et du Sud, la diversité des bailleurs et leurs effets ; la négociation des projets et de l’aide ; les projets, leur fonctionnement, leur rôle pour les acteurs de l’aide ; les procédures et leurs impacts ; les impacts directs de l’aide pour les populations ; les impacts socio-économiques de l’aide pour les acteurs nigériens de l’aide et les effets induits ; l’impact sur l’Etat et l’administration, les institutions, la gouvernance ; les évolutions récentes de discours et de stratégies. G. H.
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