| vendredi 13 novembre 2009 |
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LIMOGEAGE DE L’ENTRAÎNEUR DU MENA NATIONAL Le vice président de la Fenifoot explique…
Cotonou, la capitale béninoise, accueille du 22 au 29 novembre prochains, le 3è tournoi sous-régional de l’intégration de football. Organisé par l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), ce tournoi regroupe les 8 pays membres de cette institution d’intégration sous régionale, qui sont scindés en deux poules de 4 équipes :
- Poule A : Bénin, Togo, Guinée Bissau et Niger
- Poule B : Sénégal, Mali, Burkina Faso et Côte d’Ivoire (détentrice du trophée).
A quelques jours de cet évènement, l’entraîneur de l’équipe nationale du Niger, le Mena, a été limogé. Alhousseïni Sagayère était en poste depuis seulement 2 mois. Qu’est-ce qui a dû se passer et comment gérer cette situation à 10 jours du démarrage du tournoi de Cotonou ? Pour répondre à ces questions, nous avons rencontré le vice président de la Fédération nigérienne de football (FENIFOOT) et responsable des équipes nationales, le colonel des douanes Ibrahim Yacouba.
Le Républicain: Le 3 novembre dernier, la Fenifoot a limogé de son poste l’entraîneur du Mena National Alhousseïni Sagayère et ce, à quelque jours du début du tournoi de l’UEMOA à Cotonou. Il a été remplacé par Hamèye Amadou. Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre cette décision ?
Colonel Ibrahim Yacouba : Je ne sais pas si l’on doit parler de limogeage de l’entraîneur national. Vous savez que nous avions décidé de confier cette équipe là (NDLR : Mena National) à Alhousseïni Sagayère il y a 2 mois. Et sa mission, c’est de la conduire à Cotonou pour le 3e tournoi UEMOA. Il se trouve que notre équipe n’a pas eu suffisamment de temps pour le regroupement et sa reconstitution de manière un peu plus correcte sur une période plus étendue, puisque vous le savez le championnat du Niger s’est achevé le mercredi 4 novembre dernier. Malheureusement, durant la période cruciale du regroupement du Mena National, l’entraîneur Alhousseïni Sagayère veut participer à un stage du 14 au 19 novembre prochains. Or toutes les équipes nationales participantes quittent leurs pays le 20 de ce mois pour converger sur Cotonou. Nous avons estimé que c’est une période cruciale et nous avons considéré au niveau du bureau de la FENIFOOT, que son absence peut constituer un handicap majeur pour une bonne préparation de l’équipe, pour le mental des joueurs, pour la crédibilité même de notre structure. Je crois que les Nigériens nous observent. Comme vous le savez, nous avons, il y ’a quelques jours, lancé un Téléthon, pour dire aux citoyens que le Mena National ira à Cotonou et nous voudrions par conséquent que vous l’accompagnez dans l’espoir d’une bonne prestation. Nous allons à ce 3e tournoi UEMOA pour rencontrer de grandes équipes, qui ont un long championnat, qui ont plus de moyens que nous ; et nous, nous n’avions que le cœur, la détermination et le soutien populaire Je pense que pour mériter ce soutien populaire, il faut être sérieux, très rigoureux Et j’estime que nous ne pouvons pas nous passer d’un entraîneur pendant une semaine sur un regroupement de 2 semaines et demi. C’est pourquoi, nous avons souhaité que l’entraîneur Sagayère reste pour continuer à entraîner le Mena. Malheureusement, il a choisi d’aller à son stage. Au niveau de la FENIFOOT, nous avons dit que dans ce cas, il faut confier l’équipe à un pool d’entraîneurs composé de Hamèye Amadou (qui était déjà avec le Mena il y ’a 2 ans à la 1ère édition), Brah Taher Djibo qui est un entraîneur sérieux et très respecté au Niger qui a eu à entraîner l’un des meilleurs clubs de D1 (NDLR : Olympic FC) et Abdourahamane Issa Maïga qui entraîne l’AS Nigelec (1èredivision). Pour nous, nous n’avons limogé personne. Nous lui avons fait des concessions, mais il a préféré partir à ce stage.
Pensez-vous que Hamèye Amadou peut donner aux Nigériens entière satisfaction ?
Vous savez, comme la 1ère fois, lorsque nous avons choisi Alhousseïni Sagayère, à la FENIFOOT, nous avons un staff de techniciens. A chaque fois, nous prenons l’avis de ce staff. Je crois que là on a fait un choix qui vaut ce qu’il vaut, mais un choix où nous estimons que nous irons à très bon port. Je vous rappelle que Hamèye Amadou, c’est le même entraîneur qui a conduit le Mena en finale en 2007 à Ouaga à la 1ère édition, avec à cette époque de très modestes moyens et face à des équipes nettement supérieures à la nôtre. C’est quand même un entraîneur qui se bat, déterminé et très engagé. Et puis, il est encadré par d’autres tout aussi engagés. Nous avons au Niger de très bons techniciens mais la FENIFOOT n’a pas su les exploiter. Le football aujourd’hui, c’est d’abord les moyens. Vous aurez les résultats proportionnellement aux moyens que vous aurez investis. Or, si vous regardez, de tous ces 8 pays qui sont engagés, le Niger a certainement les moyens les plus dérisoires. Pour compenser cette faiblesse, nous étions obligés de chercher des cœurs chez les entraîneurs et les joueurs. Et pour ce faire, nous comptons mobiliser les citoyens autour de la patrie. Nous irons à Cotonou, c’est dans l’espoir de défendre vaillamment les couleurs nationales.
C’est dire que vous avez suffisamment de moyens financiers pour transporter les supporters et les journalistes au vu de la mobilisation de fonds à l’occasion du Téléthon, où déjà vous avez récolté plus de 50 millions ?
(Sourire). Je sais que vous-même vous le dites sans y croire. 50 millions FCFA, ce n’est absolument pas grand-chose dans le football. Mais, je vous assure, nous sommes très heureux à la FENIFOOT que ce fonds soit mobilisé sur la base de la générosité des Nigériens. Ce qui prouve la confiance qu’ils nous vouent par rapport à la gestion de notre football. Nous allons toutefois demander à nos compatriotes de continuer à nous appuyer. Il faut se féliciter de cette mobilisation ; ce qui démontre une fois encore l’intérêt et l’adhésion que portent les Nigériens au football. A nous maintenant de faire preuve de sérieux dans la gestion de ce football. Vous savez, à part les passionnés, il n’y a que les victoires qui intéressent tous les autres acteurs. La plupart des gouvernements du monde ne se rappellent de leur équipe nationale que lorsqu’elle arrive en finale ou remporte la coupe. Mais au moment où elle trébuche, ça ne les intéresse pas. Idem pour les autres personnes. Nous cherchons les moyens pour faire de très bons résultats. C’est tout ! Propos recueillis par Ousmane Keïta
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