| mardi 23 février 2010 |
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Niger : Lettre ouverte à la Junte !
Les auteurs du dernier coup d’Etat en date au Niger ont assurément fait preuve d’un sens tactique rare chez les putschistes du continent. En effet, ils ne sont passes à l’acte qu’après que la diplomatie internationale toujours aussi inefficace que complaisante pour nos autocrates a une nouvelle fois montré ses limites ! Il fallait donc sortir de l’impasse et la solution passait par un sursaut patriotique militaire. Pourquoi veut-on nous faire croire à la suprématie de l’autorité civile alors qu’elle ne cesse de faire la preuve de ses carences ? Il peut y avoir d’aussi bons militaires qu’il y a de mauvais civils ! Amani Toumani Toure dit "A.T.T" à montre la voie au Mali comme d’autres militaires patriotes l’ont montre sous d’autres cieux avant lui ! Il a fait la preuve que les civils n’ont pas le monopole du patriotisme ni de la bonne gouvernance, sinon cela se saurait depuis un demi-siècle déjà , plus exactement depuis l’an Premier de nos indépendances ! Des lors, la seule question qui intéresse l’avenir de ce pays et par ricochets celui du continent est la suivante : "Les auteurs du putsch, ont-ils un projet politique pour le Niger ?" S’il ne s’accompagne pas d’un projet politique audacieux, novateur et mobilisateur, alors, ce n’aura été qu’un coup d’épée dans l’eau et l’on peut craindre un grave recul. Il faut croire que ce projet politique existe si l’on s’en tient à la profession de foi des premières heures de l’armée nigérienne. "Notre chantier n’est ni le pétrole ni l’uranium mais la liberté et la démocratie !"
Le chantier de la Liberté et de la Démocratie, voila qui résume l’aspiration millénaire de l‘homme et que l’homme s’applique a denier a son semblable ! Ce chantier comporte en son sein tous les autres en effet ! Et la junte, la encore, vient de faire preuve d’un sens politique rare ! Enfin, du génie politique !
A la veille des 50 ans de nos indépendances, vous avez l’opportunité de tirer toutes les leçons d’un demi-siècle d’errements et d’échecs. La lucidité impose la rupture d’avec les structures étatiques héritées de la colonisation. Il est évident que le maintien de ces structures ne fait que le lit du colonialisme. Pourquoi ne pas mettre a profit la transition pour explorer les voies vers une fédération nigérienne ? La diversité de nos cultures, nos réalités ethniques fortement ancrées en chacun de nous, car perçues par notre subconscient comme plus protectrices de notre identité pousse à cette forme d’organisation politique qui représente par ailleurs la forme supérieure de la décentralisation. Elle offre à la fois un meilleur rempart contre les influences étrangères néfastes et constitue un gage certain pour la liberté créatrice et le développement endogène des lors que l’esprit de responsabilité et d’organisation règne a tous les niveaux et que le sommet montre l’exemple !
Pour réussir ce chantier, la seule recette est d’aimer la liberté pour les autres, plus pour les autres que pour soi-même ! Aux militaires nigériens, je dis » la liberté est un bien commun qui doit profiter à tous ! Gardez-vous donc de la confisquer car aucune raison ne saurait justifier que vous cherchiez à en restreindre l’usage ! Ne soyez donc pas frileux devant les perspectives nouvelles de votre beau chantier ! Sachez que c’est un chantier jamais achevé et qui demande à être rénové sans cesse pour créer les conditions de l’émancipation et du progrès ! Sachez donc passer la main une fois la relève assurée pour la poursuite de votre noble dessein ! Les peuples africain et nigérien vous en seront reconnaissants ! »
Ayite Maxmibube Sitti Premier Secrétaire Exécutif de la Convention pour une Fédération Africaine (C.F.A)
Phoenix-U.S.A
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