| vendredi 13 novembre 2009 |
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SCIENCE ET DEVELOPPEMENT Télédétection, photos aériennes, images satellitaires et développement
Savez vous que les imageries aériennes jouent un rôle primordial dans le développement des nations ? Les premières imageries aériennes dateraient d’avant la première guerre mondiale et ont été prises par avion, ensuite est venue l’ère de la photo satellite qui a révolutionné la science de l’espace.
Parmi les satellites mis en orbite depuis des décennies, qui fournissent des informations, on peut citer le LandSat et le Système probatoire d’observation de la Terre (SPOT) entre autres. Ces images sont élaborées pour satisfaire de nombreuses utilisations du sol : l’évolution de l’environnement, les changements climatiques, la prospection des ressources minérales et énergétiques, l’évolution des ressources naturelles renouvelables (prévision des récoltes, gestion des forêts) etc. Elles sont utilisées dans les domaines de la science de la terre, des ressources en eau, de la foresterie, de l’agriculture, de l’archéologie, du génie civil et militaire, de la cartographie, des inventaires, etc.
Seulement ces images prises au moyen des satellites et des avions doivent être traitées et in-terprétées correctement parfois avec un mécanisme relativement complexe.
Le grand intérêt des imageries aériennes, c’est qu’elles permettent le suivi dans le temps. Aussitôt ces satellites mis en orbite, des méthodes de traitement et d’exploitation des images sont élaborées sous forme photographique et numérique, à l’aide d’ordinateurs. Pour faire de la télédétection par exemple, une forte expertise du terrain est exigée.
Pour les photo-interprétations avec comme support les stéréoscopes ou lunettes spéciales pour voir en trois dimensions (3D), un œil suffisamment exercé s’avère indispensable. L’interprétation de toutes ces informations, qui se fait au bureau en général, relève du domaine des hypothèses. Ensuite, fort de toutes ces hypothèses, on se rend sur le terrain pour vérifier les interprétations. L’idéal serait de visualiser les objets déjà connus et identifiés, de préférence sur le terrain, ou bien avoir une idée approximative de ce que ça peut être.
Dans le domaine des sciences de la terre, les imageries aériennes sont utilisées dans le cadre de la prospection géologique, minière et hydraulique, etc.
La géologie est une science qui permet d’étudier la morphologie de l’écorce terrestre c’est-à-dire la surface du globe pour identifier des anomalies d’intérêt économique telles que les dépôts de certains gisements de roches et minéraux à valeur économique. Ces gisements font ensuite l’objet d’investigations complémentaires indirectes et directes au sol par des méthodes géologiques, géophysiques et des sondages mécaniques, qui pourraient déboucher sur des études de faisabilité voire d’exploitation.
Les imageries aériennes interviennent aussi dans le cadre de la prospection des eaux de surface et souterraines.
Concernant les eaux de surface, l’utilisation des imageries aériennes sur une certaine période (par exemple de 1960 à 2009), soit une cinquantaine d’années, permet de constater leur évolution dans l’espace et évaluer les réserves passées et actuelles. Cela se traduit en général par un rétrécissement ou diminution des plans d’eau.
Le lac Tchad, par exemple, qui s’étendait jusqu’aux confins du Sahara sur plus d’une centaine de km2 dans un passé peu lointain, ne dispose actuellement que d’un plan d’eau réduit à quelques dizaines de km2. C’est le cas aussi de nombreuses mares, jadis gazouillantes de cris d’oiseaux maintenant disparues ou en voie de l’être.
L’apparition de certaines îles formées de plages de sable dans le fleuve, les écoulements intermittents des affluents du fleuve rendent compte également de ce phénomène de tarissement des cours d’eau.
Ce phénomène peut être vérifié en comparant les photos aériennes des années 1950 et celles de 1978 plus récentes. On peut constater aussi l’extension des champs de culture au détriment des forêts classées et des aires de pâturage, etc.
Dans la gestion des sinistres naturels, les imageries aériennes sont d’une grande importance. Une mission aéroportée de la zone inondée de la vallée de Téloua a permis de cartographier la récente crue dévastatrice du mois de septembre qui a mis la région d’Agadez sur la sellette. L’ampleur de cette inondation a été cartographiée à partir des imageries aériennes sur l’ensemble du bassin versant du Téloua. Plus loin du Niger, des méga infrastructures telles le barrage hydroélectrique d’Ankosango au Ghana et celui de 3 gorges en Chine sont visibles sur les photos satellites.
Sur le plan hydraulique, en zone de socle cristallin, ces photos sont utilisées pour des études structurales. Leur examen permet par exemple de souligner les réseaux de failles et fractures qui constitueraient le domaine préférentiel de circulation des eaux souterraines, des aquifères discontinus du milieu fissuré. C’est surtout les failles importantes de longueur multi-kilométrique et leurs croisements où le drainage des eaux est supposé être potentiel qui sont les plus recherchées.
Cette phase n’est qu’un dégrossissement du travail de terrain et relève encore du domaine des hypothèses. Il faut après effectuer des missions de reconnaissance et d’identification physique sur le terrain. En cas de besoin, on mènera des investigations complémentaires par les méthodes citées plus haut pour atteindre la cible visée qui est en principe l’eau souterraine ou/et éventuellement des indices minérales d’une certaine valeur économique, surtout en zones d’hydrothermalisme et volcanique qui sont liées à des types de minéralisation telles que l’or, la cassitérite, la wolframite dans l’Aïr et le Liptako.
En zone sédimentaire, le ré-seau hydrographique fossile, les méandres, les poches de graviers et autres bras fossiles des cours d’eau, domaines des dépôts de matériaux perméables tels que le sable grossier et le gravier où les ressources en eau présumées disponibles peuvent être identifiées et opportunément permettre un meilleur emplacement des ouvrages hydrauliques (puits et forages). Il est possible par ailleurs de mettre en évidence des substances minérales telles que le charbon, l’or alluvionnaire, le pétrole, etc., dans les ouvrages profonds.
Dans le domaine de la foresterie, la télédétection est utilisée dans la gestion de l’environnement. Elle permet de suivre l’évolution spatio-temporelle des massifs forestiers et des eaux de surface, des nouveaux massifs sont parfois découverts, inventoriés, cartographiés et répertoriés dans notre patrimoine forestier.
Sur le plan agricole, ces images sont utilisées surtout au niveau des aménagements hydro agricoles pour la gestion parcellaire des espaces. Elles permettent aussi de suivre les stades de cultures dans les pays développés.
Pour des études de précision dans le domaine agricole, on utilise la résolution spatiale de dimension 10mx10m, 20 m x 2 0m et 30mx30m avec respectivement des bandes panchromatiques et spectrales.
L’arme alimentaire : à une certaine époque, la télédétection avait été utilisée par les grandes puissances à des fins d’espionnage sur la production agricole d’un pays. C’est ainsi que les Etats Unis suivaient l’évolution des stades des cultures de l’ex URSS par photos satellites.
Aussitôt qu’ils constataient un déficit pluviométrique, annonciateur de sécheresse ou de déficit alimentaire en ex-URSS, les Etats-Unis, gros producteurs et exportateurs du blé, se frottaient les mains et montaient les en-chères.
Interprétations erronées des images : l’utilisation ou l’interprétation des images aériennes peut être aussi erronée et conduire à des dérapages fâcheux.
A ce propos, nous pouvons citer à titre illustratif, la suppression à la dernière minute de l’étape du Niger par les organisateurs de rallye Paris-Dakar lors de l’édition de 2000.
Par coïncidence, le Prince saoudien Bandar campait dans cette zone, au nord Tahoua, pour une partie de chasse. D’après les médias occidentaux, son campement qui a été aperçu par satellite, a été pris pour la base d’un groupe terroriste qui menacerait le passage de rallye au Niger.
Du coup, l’étape du Niger a été gelée, créant ainsi un désagrément à l’Etat et pire un manque à gagner pour les agences de tourisme, le secteur de l’hôtellerie et les marchands d’objets d’art, etc. En définitif, le rallye de cette année a tout simplement survolé par avion le Niger pour se poursuivre en Egypte.
Dans le domaine de l’archéologie, des sites préhistoriques notamment des anciennes cités, des villages sont identifiés sur les imageries aériennes au grand bonheur des archéologues, des scientifiques apparentés et enfin toute l’humanité. De nouvelles îles sur les océans et des villages perdus sur les continents sont aussi découverts.
Concernant le génie civil, l’utilisation des imageries aériennes permet une meilleure maîtrise du patrimoine foncier mais aussi l’élaboration des schémas d’aménagement des centres urbains ou schémas directeurs du développement urbain et semi urbain.
Des places appropriées peuvent être identifiées pour l’implantation des zones industrielles, des dépôts d’hydrocarbures, des produits dangereux (phyto-sanitaires), des carrières, etc.
Les imageries servent en outre à identifier les emplacements judicieux pour la construction des réseaux de communication notamment les routes, des ouvrages d’art tels que les barrages hydroagro-électriques, les ponts, les verrous ou rétrécissements de cours d’eau pour la réalisation des retenues en terre, etc.
Au niveau du génie militaire, c’est un outil stratégique pour des actions de précision et l’usage cartographique sur le terrain, bref elles renforcent le dispositif de surveillance du territoire.
Les cartes topographiques, géologiques, de planification, etc., sont d’importants supports de développement. Elles ont comme base, les photos aériennes et les images satellitaires.
Par exemple, les numéros des photos utilisées pour dresser les cartes topographiques peuvent être observés au dos de chaque carte et indiquent la chronologie de prise de vue ou le plan de vol de l’avion qui a filmé la portion de terrain cartographiée. Ensuite ces cartes sont établies à différentes échelles : 1/ 2 000 000 ; 1/1000 000 ; 1/500 000 ; 1/250 000 ; 1/200 000 ; 1/100 000 ; 1/50 000, etc.
Enfin, la couverture aérienne d’un pays ou d’une portion du pays doit être périodiquement réactualisée pour non seulement mieux suivre l’état des ressources naturelles mais aussi l’état général de l’environnement (avancée du désert, ensablement des points d’eau, des cuvettes, des terres agricoles, des aires de pâturage ; ensevelissement des villes et villages comme à Tanout, Goudoumaria, Kalguéri, etc.)
Dans le domaine des inventaires, les imageries aériennes sont utilisées pour des études d’inventaires, de recensement de cheptel, d’infrastructures et de statistiques à un coût moindre comparativement aux travaux au sol.
Par exemple, pour la réalisation prochaine du barrage de Kandadji, c’est par le biais des imageries aériennes que les biens des personnes à déplacer ont été recensés et inventoriés jusqu’aux poulaillers semble-t-il, en vue de leur compensation.
L’interprétation d’une photo satellite : sur la photo satellite, les éléments suivants apparaîtront avec les couleurs conventionnelles ci-dessous : Eau = bleu, Végétation = rouge, Sol nu = jaune, Roche = noire en général. M. Harouna Elhadji Garba Ingénieur Géophysicien MH/DRH/Tillabéri
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